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Professionnels de la santé

Le sucre et le santé

Comportement

On pense souvent que le sucre peut entraîner l’hyperactivité et d’autres problèmes du comportement chez l’enfant et l’adulte; pourtant, les observations scientifiques montrent que ce n’est pas le cas.

 


Hyperactivité

Plusieurs revues d’études scientifiques  ont conclu qu’il n’existait aucune preuve liant la consommation de sucre à l’hyperactivité chez les enfants normaux comme chez ceux qui souffrent d’un trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (THADA). Plus récemment, le rapport conjoint Canada/É.-U. de 2005 sur les apports nutritionnels de référence des macronutriments et un rapport sur les « glucides dans l’alimentation humaine » de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont conclu que les sucres n’avaient pas d’effet sur le comportement ni sur le rendement cognitif des enfants.

Le rapport FAO/OMS conclut qu’il « ne convient pas de recommander de limiter la consommation en sucre d’un enfant dans le but de contrôler son comportement. » Il recommande plutôt de faire diagnostiquer et traiter par les méthodes médicales établies les cas de THADA, ou d’hyperactivité pure, qui est une maladie complexe qu’on ne trouve que chez 2 à 5 % des enfants d’âge scolaire.

Malgré ces preuves, les gens croient encore que le sucre est cause d’hyperactivité chez l’enfant. Cette opinion peut s’expliquer en partie par le fait que de nombreuses personnes attribuent à tort l’agitation qui accompagne les événements comme les fêtes ou l’Halloween au sucre, plutôt qu’à l’événement lui-même.

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Mémoire

Aiguë

Le glucose est un nutriment important pour le cerveau. Les chercheurs ont montré que le cerveau utilise plus de glucose lors d’une activité cognitive et que l’élévation de la glycémie peut améliorer la mémoire.

De nombreuses études sur l’animal et sur l’homme ont montré qu’une boisson contenant du glucose améliorait le rendement cognitif à peine 15 minutes et jusqu’à une heure après ingestion, par rapport à une boisson placebo édulcorée sans calories. Les effets sont encore plus remarquables chez ceux qui souffrent de déficience préexistante de la mémoire, notamment les personnes âgées et les patients touchés par la maladie d’Alzheimer. Ce sont les tests de mémoire verbale à long terme qui présentent les avantages les plus marqués, alors qu’il n’y a aucun avantage, ou des avantages minimes, pour les autres tâches cognitives, comme l’attention et la mémoire à court terme.

De rares études ont été consacrées aux effets des autres sucres, notamment le sucrose, sur la cognition. Jusqu’à présent, les données limitées suggèrent que tous les glucides améliorent la mémoire de la même manière.

En plus des glucides, il a été montré que les autres macronutriments (les protéines et les graisses) améliorent la mémoire dans les 15 minutes suivant leur ingestion, par rapport à un placebo; il semble toutefois que les glucides ont un effet plus prolongé pouvant durer jusqu’à une heure.

Long terme

Il se peut qu’en empêchant une baisse du contrôle du glucose on évite un déclin cognitif. Des recherches mettent en lumière une relation entre un mauvais contrôle du glucose, même chez les jeunes adultes en bonne santé, et la dégradation de la mémoire, ainsi qu’une forte association entre le diabète de type 2 et l’apparition de cas de démence, notamment la maladie d’Alzheimer. C’est pour ces raisons que les comportements qui améliorent le contrôle du glucose et réduisent le risque de développement de diabète de type 2, comme l’exercice et les régimes à forte teneur en fibres et à teneur réduite en graisses, peuvent aussi réduire le risque de déclin cognitif.

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Humeur

La recherche montre que, chez l’adulte en bonne santé, les effets des sucres et des autres glucides sur l’humeur restent minimes. Certains éléments révèlent toutefois que les glucides ont un effet bénéfique sur les personnes souffrant de dépression, de troubles affectifs saisonniers et du syndrome prémenstruel. Ces personnes réussissent à soulager leurs symptômes en absorbant les glucides dont elles ont besoin. Il se peut que ce phénomène s’explique par le fait que l’apport en glucide cause une augmentation du niveau de sérotonine dans le cerveau, ce qui entraîne une amélioration de l’humeur. Malheureusement, cette théorie n’explique pas entièrement les effets observés. D’autres suggèrent que ces effets bénéfiques sont liés à l’ingestion de tout aliment au goût agréable, plutôt qu’aux glucides en particulier. D’autres recherches sont nécessaires pour déterminer les effets à long terme des glucides sur l’humeur.

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Dépendance

On dit parfois que la consommation de sucre peut entraîner la dépendance comme c’est le cas pour celle aux drogues ou à l’alcool. En 2009, David Benton (Ph d) de l’Université de Swansea au Royaume-Uni, a effectué un examen scientifique pour évaluer la vraisemblance de la dépendance au sucre chez les humains et son rôle éventuel dans le développement de l’obésité et de la frénésie alimentaire. À partir d’un modèle axé sur la dépendance, le chercheur à élaboré une série de prédictions basées sur l’hypothèse que la dépendance à la consommation de saccharose est possible. Il a ensuite examiné la documentation scientifique pertinente afin de déterminer la validité des ces prédictions.

Les résultats de son analyse ont révélé que les études auprès des humains ne viennent pas confirmer la croyance selon laquelle le sucre créé une dépendance. L’auteur n’a trouvé aucun lien dans la documentation scientifique prouvant que la dépendance aux aliments ou plus précisément au saccharose, joue un rôle dans l’obésité et les troubles de l’alimentation. Les résultats principaux de cette recherche sont les suivants :

  • L’étude des préférences alimentaires et des envies de manger ne donne pas de rôle spécifique au saccharose ni au goût sucré pour faire augmenter l’envie de manger, comme ce serait le cas avec un produit causant la dépendance;
  • Le jeûne ne fait pas augmenter l’envie de manger des aliments sucrés comme on pourrait s’y attendre avec une dépendance au sucre;
  • Bien qu’il y ait une préférence déterminée génétiquement pour le goût sucré, les gens ont des réactions différentes au goût sucré et les préférences diminuent avec l’âge, contrairement à ce qu’avait prédit l’hypothèse basée sur la toxicomanie;
  • Les envies de certains aliments incluent différents types d’aliments, que l’on indique souvent comme aromatiques/salés et sucrés/gras, mais la plupart des aliments que les gens veulent manger sont riches en gras plutôt que riches en sucre;
  • Les obèses ne trouvent pas que le goût sucré en soi est plus intéressant ou préférable à celui des aliments contenant du saccharose, comparativement aux autres aliments ayant un goût agréable;
  • La notion que la frénésie alimentaire reflète une dépendance aux aliments sucrés n’est pas prouvée puisqu’une grande variété d’aliments au goût agréable sont consommés pendant les frénésies alimentaires.

L’auteur conclu qu’il est important d’examiner les mécanismes sous-jacents des troubles de l’alimentation pour que cette analyse puisse permettre de mettre en place les interventions qui conviennent. Si on croit à tort que le saccharose créé une dépendance et entraîne l’obésité, le traitement pourrait ce concentrer par erreur sur cet élément, plutôt que sur des solutions plus efficaces.

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Références

Carbohydrate, memory, and mood.  Benton D. Nutrition Reviews 61:S61-S67, 2003.

Dietary carbohydrate, glucose regulation, and cognitive performance in elderly persons. Greenwood CE. Nutrition Reviews 61:S68-S74, 2003.

Dietary Reference Intakes, Institute of Medicine of the National Academies, 2005

Les glucides dans la sale de classe, Institut Canadien du sucre, 1999.

Carbohydrates in Human Nutrition, Report of a Joint FAO/WHO Expert Consultation, 1998

The effect of sugar on behavior or cognition in children: A meta-analysis. Wolraich ML et al. Journal of the American Medical Association 274:1617-1621, 1995.

Plausibility of sugar addiction and its role in obesity and eating disorders. Benton, D. 2009:Clin Nutr; Dec.26.

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