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Professionnels de la santé
Apports nutritionnels de référence
pour les sucres
Introduction
Les apports nutritionnels de référence (ANREF) sont
des recommandations en rapport aux nutriments pour les personnes
en santé, qui sont publiées par l'Institute of Medicine
des États-Unis en collaboration avec Santé Canada.
Les ANREF serviront pour vérifier la consommation de nutriments
au Canada et voir si les Recommandations sur la nutrition pour les
Canadiens ainsi que le Guide alimentaire canadien pour manger sainement
reposent sur un fondement scientifique fiable. L'article qui suit
vous donnera une idée des recommandations pour les glucides
et les sucres tirées du rapport sur les ANREF des macronutriments(1)
et comprend aussi des évaluations de la consommation actuelle
de sucres ajoutés au Canada.
ANREF des Glucides
Définitions
Glucides : Dans le rapport, les <<
glucides >> englobent tous les glucides
digestibles y compris les sucres (mono et disaccharides), oligosaccharides,
amidons et alcools de sucre. Les glucides non digestibles (fibres
alimentaires) ne sont pas inclus dans les glucides totaux.
Sucres : Les sucres sont séparés en <<
sucres ajoutés >> et <<
sucres d'origine naturelle >>. Les <<
sucres ajoutés >> sont tous
les << sucres et sirops ajoutés
aux aliments lors du traitement ou de la préparation >>.
Les sucres ajoutés << ne comprennent
pas les sucres d'origine naturelle comme le lactose dans le lait
ou le fructose dans les fruits >>.
On ajoute que << sur le plan chimique,
les sucres ajoutés ne sont pas différents des sucres
d'origine naturelle. >>
Glucides totaux
Quantité requise pour le cerveau : La quantité
moyenne de glucides (surtout les sucres et amidons) nécessaire
pour fournir au cerveau la quantité suffisante de glucose
est de 100 g/jour pour les personnes d'un an ou plus. Presque tout
le monde en consommera assez avec 130 g/jour. Ces quantités
augmentent pendant la grossesse ou l'allaitement. Les quantités
peuvent comprendre n'importe quelle combinaison de sucres et d'amidons.
Fourchettes de distribution acceptables pour une santé
optimale: La quantité requise pour le cerveau ne correspond
pas àla quantité nécessaire pour maximiser
sa santé. Les fourchettes de distribution acceptables des
macronutriments ont été déterminées
de façon à tenir compte des quantités requises
afin de diminuer les risques de maladies chroniques tout en fournissant
les nutriments essentiels. Les fourchettes de distribution acceptables
pour les adultes sont de 45 à 65 % de l'apport énergétique
venant des glucides, de 20 à 35 % des lipides totaux
et de 10 à 35 % des protéines. Cette consommation
de lipides totaux et de glucides contribuera à diminuer les
risques d'obésité, de maladie coronarienne et de diabète.
Apport maximal : Un apport maximal tolérable (AMT)
a été déterminé pour de nombreux nutriments.
L'AMT est la moyenne la plus élevée de la dose quotidienne
de nutriments qui ne risque pas de poser de risques pour la plupart
des gens en bonne santé. Une consommation chronique supérieure
à l'AMT peut augmenter le risque d'effets négatifs
sur la santé. Cependant, étant donné le manque
de données précises à ce sujet, il n'existe
pas d'AMT pour les macronutriments, dont les glucides.
Sucres
Le rapport a passé en revue toute la documentation existante
sur les effets des sucres totaux et des sucres ajoutés sur
les risques de maladies chroniques et la consommation de micronutriments.
Dans le cas du risque associé aux maladies chroniques, le
rapport a conclu qu'il n'y avait pas assez de preuves pour déterminer
un AMT pour les sucres totaux ou ajoutés «en fonction des données existantes sur la carie, le comportement,
le cancer, les risques d'obésité et d'hyperlipidémie.» Pour ce qui est des sucres et de
la consommation de micronutriments, le rapport indique «qu'il n'est pas possible de déterminer un niveau de consommation
précis à partir duquel les carences en micronutriments
surviennent» et «si les taux de consommation sont très élevés
ou très faibles, des habitudes alimentaires probablement
inhabituelles» existent et peuvent
contribuer à cette faible consommation de micronutriments.
Donc, il n'y a pas de niveau de sucres totaux ou ajoutés
précis qui est associé avec une augmentation du risque
de problèmes de santé dans la population générale.
Les sucres et la santé
Comportement
Le rapport conclut que «Le comportement
modifié ne peut êre utilisé comme effet négatif
pour déterminer un AMT pour le sucre».
Il ajoute «qu'une analyse poussée
de 23 études échelonnée sur 12 ans a conclu
que la consommation de sucre n'a pas d'effet sur le comportement
ni sur le rendement cognitif des enfants».
Cancer
Aucun AMT n'a été déterminé en relation
avec le cancer puisque «les données
sur la consommation de sucre et le cancer sont insuffisantes»,
selon des enquêtes sur les effets du sucre sur les cancers
du poumon, du sein, de la prostate et du colon.
Caries
Le rapport souligne que «puisqu'un
grand nombre de facteurs peuvent expliquer la carie dentaire, il
n'est pas possible de déterminer un niveau de consommation
de sucre à partir duquel un risque de carie pourrait survenir.» Le rapport ajoute «qu'il est difficile d'expliquer le rôle du sucre et de la
carie dentaire comme une simple relation de cause à effet.
L'apparition de caries dépend de la fréquence des
repas et des goûters, de l'hygiène dentaire (brossage
des dents fréquent), de la fluoration de l'eau, de l'addition
de fluor et des dentifrices avec fluor».
Diabète
Les preuves pour justifier le fait que l'on ne peut déterminer
d'AMT pour les sucres en regard du diabète reposent sur «deux études cohortes prospectives n'ayant pas montré
de risques de diabète venant d'une cosnotion mmaaccrue de
sucre. On a aussi remarqué un lien négatif entre l'augmentation
de sucrose et le risque de diabète.»
Hyperlipidémie
Dans le cas de l'effet des sucres sur l'hyperlipidémie, la
conclusion était << qu'il n'y
a pas assez de données pour déterminer un AMT basé
sur un risque plus grand de maladie coronarienne >>.
Obésité
Aucun AMT n'existe pour l'obésité parce que «rien n'indique clairement qu'il y a un lien entre la consommation
plus grande de sucres ajoutés et l'indice de masse corporelle
(IMC).» En fait, on a constaté
qu'une consommation accrue de sucres totaux ou ajoutés semble
donner une incidence moins grande d'obésité (Figure
1). Le rapport indique «qu'une corrélation
négative entre la consommation totale de sucre et l'IMC a
été rapportée de façon constante chez
les enfants et les adultes» et «qu'une
corrélative négative a été observée
entre la consommation de sucres ajoutés et l'IMC.»

Le lien constant remarqué entre des quantités plus
grandes de sucres ajoutés et une incidence plus faible d'obésité
peut s'expliquer parce que la consommation accrue de sucres ajoutés
est reliée à une consommation moins grande de matières
grasses(2) ou que ceux qui consomment plus de sucres ajoutés
ont des besoins énergétiques plus grands (p. ex.,
ils sont plus actifs). Ce lien pourrait s'expliquer parce que les
personnes obèses diminuent leur consommation de sucre une
fois qu'elles sont obèses, mais ceci est peu probable puisque
cette relation a été observée à tous
les niveaux d'IMC, chez les enfants, les adultes et les gens qui
limitent ou non leur consommation du sucre.(2)
CONSOMMATION DE SUCRES
ET DE MICRONUTRIMENTS
Aucun AMT n'a été déterminé pour les
sucres ajoutés et la consommation de micronutriments parce «qu'il n'est pas possible de
déterminer un niveau de consommation précis à
partir duquel les carences en micronutriments surviennent» et «si les taux de consommation sont
très élevés ou très faibles, des habitudes
alimentaires probablement inhabituelles» peuvent contribuer à cette faible consommation de micronutriments.
Néanmoins, «un apport maximal
tolérable de 25 % ou moins d'énergie venant des
sucres ajoutés est suggéré en se basant sur
la consommation moindre de certains micronutriments dans des sous-populations
américaines dépassant ce niveau».
Les preuves à ce sujet reposent sur une analyse des données
venant du National Health and Nutrition Examination Survey des États-Unis,
1988-1994 (23 452 participants). On a comparé la consommation
médiane de six micronutriments chez des gens qui consommaient
différentes quantités de sucres ajoutés en
pourcentage de l'énergie (p. ex., 0 à 5 %, 5
à 10 %, etc., jusqu'à >35 %). Le Tableau
1 montre qu'une consommation très élevée de
sucres ajoutés (20 à>35 % de l'énergie)
entraînait une consommation moindre de certains micronutriments
dans certains groupes de la population. Dans d'autres groupes, il
n'y avait pas de lien entre la consommation élevée
de sucres ajoutés et la faible consommation de micronutriments
(p. ex., PS au Tableau 1). Ainsi, la relation n'était
présente qu'à des quantités de sucres ajoutés
bien au-dessus des niveaux habituels (consommation moyenne d'environ
12 % de l'énergie au Canada; voir Tableau 2).

Le rapport fournit également des estimations sur la prévalence
de la consommation insuffisante pour chacun des six micronutriments
et pour chaque niveau de consommation de sucres ajoutés.
Ces données ne montrent pas de lien entre les sucres ajoutés
et l'insuffisance d'un nutriment et ce, pour plusieurs nutriments
et sous-groupes. Dans d'autres groupes, il y avait une tendance
vers un risque plus élevé d'insuffisance en nutriments
pour une consommation de sucres ajoutés très grande
(> 25 % de l'énergie) et très faible
(< 10 % de l'énergie) (p. ex., zinc; Figure 2).

CONSOMMATION DE SUCRES
AJOUTÉS AU CANADA
Pour replacer l'ANREF maximum suggéré (< 25 %
de l'énergie) dans son contexte, nous avons calculé
les consommations de sucres ajoutés au Canada. Même
s'il n'existe pas d'enquête nationale sur l'alimentation au
Canada, nous pouvons estimer les consommations réelles à
partir des données sur la consommation apparente (sucres
disponibles pour la consommation). La consommation réelle
est inférieure à la consommation apparente en raison
des pertes lors du traitement des aliments (p. ex., pain, vin),
du gaspillage et des utilisations non alimentaires. En supposant
que la différence entre la consommation réelle et
la consommation apparente au Canada soit la même qu'aux États-Unis
(en fonction des enquêtes sur l'alimentation(2) et les données
sur la consommation apparente(3)), nous avons calculé la
valeur des consommations moyennes de sucres ajoutés au Canada
et aux États-Unis (Tableau 2). Ces données montrent
que la consommation moyenne de sucres ajoutés au Canada en
2001 est d'environ 12 % de l'énergie. La consommation
est inférieure au Canada comparée aux États-Unis
en raison de la consommation apparente moindre au Canada (environ
75 % de celles des États-Unis), ceci en partie parce
que l'on consomme moins de boissons gazeuses.

On peut aussi évaluer la proportion de la population qui
consomme plus de 25 % de l'énergie à partir de
sucres ajoutés. En supposant que la variabilité des
apports de sucres ajoutés est semblable à celle des
apports de protéines, de glucides et de matières grasses
(fournies dans le rapport sur les ANREF), on peut évaluer
qu'en 2001, le ler centile de consommation des sucres ajoutés
au Canada était de 6,7 à 8,5 % de l'énergie
et le 99e centile était de 15,7 à 17,6 % de l'énergie
(p. ex., 99 % de la population consommaient moins de 15,7
à 17,6 % de l'énergie venant des sucres ajoutés).
RÉSUMÉ
-
La conclusion du rapport sur les ANREF est qu'il n'y a pas de
preuve pour déterminer un AMT pour la consommation de sucres
totaux et ajoutés. Ainsi, aucun niveau précis de
consommation de sucres totaux et de sucres ajoutés n'a
pu être associé avec l'augmentation des risques négatifs
sur la santé en ce qui concerne le comportement, le cancer,
les caries, le diabète, l'hyperlipidémie ou l'obésité.
-
La consommation très élevée ou très
faible de sucres ajoutés est reliée à une
faible consommation de micronutriments.
-
La consommation de sucres ajoutés au Canada est considérée
comme se trouvant à un niveau acceptable pour la consommation
suffisante de micronutriments, et bien en-dessous du 25 %
de l'énergie (moyenne = 12,1 %; 99e centile = 15,7
à 17,6 %).
Références
-
Institute of Medicine (2002). Dietary Reference Intakes: energy,
carbohydrate, fiber, fat, fatty acids, cholesterol, protein, and
amino acids. Washington, DC: National Academies Press;
-
Hill JO, Prentice AM (1995). Sugar and body weight regulation.
Am J Clin Nutr 62:264S-74S;
-
US Department of Agriculture, Agriculture Research Service (2000).
Pyramid servings intakes by U.S. children and adults: 1994-96,
1998;
-
Economic Research Service/United States Department of Agriculture
(2001). Per capita food consumption data.
Published in English under the name: Carbohydrate News.
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10, rue Bay, Bureau 620,
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Conseil consultatif scientifique
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Faculty of Medicine
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Director and Associate Professor,
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Associate Vice President, Academic
School of Nutrition
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Family Physician, Registered Dietitian
Université of British Columbia
Alison M. Stephen, Ph.D.
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Huguette Turgeon O’Brien, Ph.D., Dt.P.
Professor, Department of Food Sciences and Nutrition
Faculty of Agriculture and Food Science
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