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Le sucre et le santé

Gestion du poids

Le gain de poids, qui peut éventuellement entraîner l'obésité, survient lorsque l'on consomme plus d'énergie des aliments que l'on en utilise dans les fonctions corporelles normales et l'activité physique. La raison de ce déséquilibre énergétique est complexe et comprend de nombreux facteurs y compris la génétique, la culture, le milieu physique, la situation socio-économique et l'éducation. Toutes les protéines, glucides (sucres et amidons), matières grasses et alcool venant des aliments contiennent des calories. Tous ces éléments nutritifs peuvent être convertis en tissus adipeux si on en mange plus que la quantité nécessaire pour le corps. Le sucre, comme tous les macronutriments, contient des calories, mais pas seulement des calories supplémentaires.

 


Définition de l'excès de poids et de l'obésité

On définit en général l'excès de poids et l'obésité en fonction de l'indice de masse corporelle (IMC), qui est calculé en divisant le poids d'une personne en kilogrammes par la hauteur en mètres carrés. Les catégories de poids sont définies dans les Lignes directrices canadiennes pour la classification du poids chez les adultes comme suit :

IMC (kg/m2) Classification Risque de problème de santé
< 18,5 Poids insuffisant Risque accru
18,5 - 24,9 Poids normal Risque moindre
25,0 - 29,9 Excès de poids Risque accru
30 and over Obésité  
   30,0 - 34,9    Obésité classe I Risque élevé
   35,0 - 39,9    Obésité classe II Risque très élevé
   >40.0    Obésité classe III Risque extrêmement élevé

Le système de classification ne s'applique qu'aux gens âgés de 18 ans et plus et ne comprend pas les femmes enceintes, celles qui allaitent ni les gens très musclés. Chez les enfants, contrairement aux adultes, l'adiposité varie et l'IMC change beaucoup tout dépendant du sexe et de l'âge. Par conséquent, il existe des tableaux spécifiques en fonction du sexe et de l'âge pour les enfants de 2 à 18 ans. Pour plus de renseignements sur l'évaluation de la croissance des enfants au Canada, visitez le site de la Société canadienne de pédiatrie.  

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Prévalence de l'excès de poids et de l'obésité au Canada

Les taux d'obésité chez les enfants et les adultes au Canada ont connu une forte croissance au cours des 25 dernières années, si l'on se base sur l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2004 de Statistique Canada. Cette étude consistait à mesurer la hauteur et le poids d'un échantillon représentatif de plus de 30 000 personnes à l'échelle nationale.

Adultes

Selon le sondage de 2004, 23 % des Canadiens âgés de 18 ans ou plus, soit environ 5,5 millions de personnes, avaient un indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus, ce qui indique qu'ils étaient obèses (voir le tableau ci-dessous). Les hommes et les femmes ont des taux d'obésité assez semblables, soit 22,9 % et 23,2 %, respectivement; cependant, plus d'hommes (42 %) que de femmes (30 %) avaient un excès de poids. Des données semblables pour les Américains montrent que 29,7 % des gens âgés de 18 ans ou plus étaient obèses de 1999 à 2002, ce qui est bien supérieur aux chiffres de 2004 au Canada (23,1 %). Dans l'ensemble, cette différence s'explique par la situation des femmes. Alors que 23,2 % des Canadiennes étaient obèses, c'était le cas pour 32,6 % des Américaines.

Répartition en pourcentage de la population adulte canadienne selon l'indice de masse corporelle, 2004
  Adultes de 18 ans et + Hommes Femmes
 
%
%
%
Insuffisance pondérale
2,0
1,4
2,5
Poids normal
38,9
33,6
44,1
Embonpoint (sans obésité)
36,1
42,0
30,2
Obèse (IMC ≥ 30)
23,1
22,9
23,2
 
Embonpoint ou obèse (IMC ≥ 25)
59,1
65,0
53,4
Source : Enquête de 2004 sur la santé dans les collectivités canadiennes : Nutrition

Enfants et adolescents

En 2004, le taux de surpoids pour les enfants de 2 à 17 ans était de 18 % (soit environ 1,1 million de personnes) et 8 % étaient obèses (environ un demi million de jeunes) - pour un taux combiné de 26 %. Comparativement à la population américaine, selon les données les plus récentes dans ce pays (1999 à 2002), le taux combiné de surpoids/d'obésité pour les enfants de 2 à 17 ans était semblable aux États‑Unis et au Canada; le taux aux États‑Unis étant légèrement plus élevé (10 % plutôt que 8 %).

Taux de surpoids et d’obésité chez les enfants canadiens âgés de 2 à
17 ans, 2004
  Surpoids Obèse Surpoids/Obèse
 
%
%
%
Total
18,1
8,2
26,2
   Garçons
17,9
9,1
27,0
   Filles
18,3
7,2
25,5
 
Total de 2 à 5 ans
15,2
6,3
21,5
Total de 6 à 11 ans
17,9
8,0
25,8
Total de 12 à 17 ans
19,8
9,4
29,2
Source : Enquête de 2004 sur la santé dans les collectivités canadiennes : Nutrition

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Facteurs contribuant à l'obésité

Le gain de poids survient lorsque l'on consomme plus d'énergie (calories) des aliments que nécessaire pour les fonctions corporelles normales (p. ex., battements du cour, respiration) et activité physique.  Les fluctuations au niveau de l'équilibre énergétique (plus grande ou plus petite consommation d'énergie par rapport à l'utilisation) dans un repas, une journée ou une semaine sont normaux et n'entraînent pas nécessairement un changement durable au poids. Cependant, la consommation de grandes quantités d'énergie par rapport à l'utilisation (équilibre énergétique positif) à des intervalles réguliers ou de petites augmentations constantes sur une longue période, peut se traduire par un gain de poids et éventuellement par l'obésité. Toutes les protéines, glucides (sucres et amidons), matières grasses et alcool venant des aliments contiennent des calories. Tous ces éléments nutritifs peuvent être convertis en tissus adipeux si on en mange plus que la quantité nécessaire pour le corps.

Consommation, utilisation 

De nombreux facteurs viennent expliquer pourquoi les gens mangent plus de calories qu'ils n'en utilisent : les habitudes alimentaires et l'activité physique, l'environnement et les influences sociales ainsi que les facteurs génétiques. On ne peut expliquer le gain de poids que par un seul facteur.

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Le sucre et l'obésité

Les recherches scientifiques les plus récentes et les plus complètes sur la question du sucre et de l'obésité ont été faites dans le Dietary Reference Intakes report on macronutrients (2005) (Apports nutritionnels de référence (ANREF)) publié par le US Institute of Medicine en collaboration avec Santé Canada.

À partir de la documentation examinée, on a conclu qu'aucun apport maximal tolérable n'était nécessaire pour les sucres totaux ou ajoutés en relation avec l'obésité. On souligne « qu'il n'y a pas de liens évidents et constants entre l'augmentation de la consommation de sucres ajoutés et l'indice de masse corporelle (IMC). »  En réalité, on a remarqué qu'une plus grande consommation de sucres totaux ou ajoutés s'accompagne souvent par une moins grande incidence d'obésité (voir tableau ci-dessous). Le rapport souligne « qu'une corrélation négative entre la consommation totale de sucre et l'IMC apparaît souvent pour les enfants et les adultes », et « que la corrélation négative entre la consommation du sucre ajouté et l'IMC a été observée. »

Le lien constant entre la consommation plus grande de sucres ajoutés et la plus faible incidence d'obésité peut s'expliquer si la consommation accrue de sucres ajoutés s'accompagne d'une consommation moins importante de matières grasses, ou si ceux qui consomment plus de sucres ajoutés ont des besoins en énergie plus grands (p. ex., ils font plus d'activité physique). On a suggéré que ce lien peut s'expliquer par le nombre de personnes obèses qui diminuent leur consommation de sucre quand ils ont un excès de poids; toutefois, ceci est très peu probable puisqu'on remarque le lien à tous les niveaux de l'IMC, chez les enfants et les adultes, et même chez les gens qui ne contrôlent pas leur consommation de sucre.

R.-U. - Écosse

Relation entre les sucres ajoutés et l'indice de masse corporelle (IMC) venant des enquêtes sur l'alimentation et la nutrition des adultes au Royaume-Uni (Dietary and Nutritional Survey of British Adults) (à gauche) et les études Scottish Heart Health et MONICA (à droite). On observe une corrélation négative entre les sucres ajoutés et l'IMC dans les deux études. Adapté de US Institute of Medicine, Dietary Reference Intakes for Macronutrients (2005).

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Références

Lignes directrices canadiennes pour la classification du poids chez les adultes, Santé Canada, 2003

Dietary Reference Intakes for Energy, Carbohydrate, Fiber, Fat, Fatty Acids, Cholesterol, Protein, and Amino Acids, Institute of Medicine, 2005

Apports nutritionnels de référence pour les sucres, Institute Canadien du Sucre, 2004

L'utilisation des courbes de croissance pour évaluer et surveiller la croissance des nourrissons et des enfants canadiens, Société canadienne de pédiatrie, 2004 

Map of Obesity According to Measured Body Mass Index (BMI) in Adults in Canada, Health Canada, 2007

Prévalence de l'obésité au Canada, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2004 de Statistique Canada

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